Ignorance et déréalisation

Parmi les signes qui font que je suis chaque jour plus convaincu que le réinvestissement DU politique, à l'encontre de la pratique de LA politique devient une nuance à faire passer de toute urgence, car elle implique qu'une acculturation différente et renouvelée de nos croyances en la démocratie et la Res-publica se fasse, je vois la notion d'ignorance telle que je l'entends (comme une dynamique du dénie en quelque sorte) s'affirmer d'autant plus clairement que les échéances que nous redoutons approchent.

Elles ont de deux ordres.    L'une est économique, l'autre est climatique.

Mais elles apparaissent d'autant plus étroitement liées l'une à l'autre que la multiplication des révélations qui touchent ceux qui, par leurs positions ont une valeur symbolique majeure dans nos sociétés, de  par leurs réussite ou leurs exploits, se révèlent être les moins aptes à incarner ces modèles que la société survalorise justement. C'est sur cette énorme crise de confiance, que la prescription d'austérité arrive, conjointement avec la mise en lumière de la construction de systèmes de tricheries que les états ont tolérées et avalisées. C'est sur cette crise de confiance aussi que la solution d'une crise climatique s'éloigne au profit des thèses sur l'adaptation aux deux trois degrés qu'il faudra supporter.

Cette opération, qui voit en fait une inertie incroyable se maintenir, relève de la dynamique de l'ignorance. Plus qu'une simple stratégie de dénie, la Cop21 apparaît comme une pathétique diversion, une pratique de l'inertie qui en nous tenant dans une attente confiante, peut paraître comme une idée saugrenue; elle consacre pourtant les dernières mises en place du système de la Rente et son autorité sur les instances internationales. Les objectifs en seront donc sans cesse renégociés dans le sens de sa pérennité. Outre ce signal fort d'une déréalisation bien programmée, la pire est celle qui nous implique. C'est la plus simple, la plus basique et radicaleNotre déréalisation à nous prend racine dans ce mariage de la carpe et du lapin que constitue la compatibilité entre croissance et réductions des facteurs de dégradation climatique. Le mérite de la Cop sera de démontrer que le lapin coule et que la carpe ne peut courir.

Autre facteur de déréalisation: je n'aime pas ce terme car il consacre de fait la perte de la nature à exercer ses droits naturels à vivre de sa propre évolution. L'environnement masque la disparition des espèces en s'occupant de notre univers bio.

Nous devons prendre sur nous l'effort d'économie et 60 à 80 milliards manquent au fisc…

La croissance est de retour, mais ses fruits sont confis.

Etc., etc. …  Si cesser d'être ignorant est alors une question qui s'impose à moi, lorsque je m'aperçois que la réalité et celle que l'on nous propose de regarder, dans les médias ou les discours politiciens, celle décrite, racontée, ou sublimée n'accroche pas vraiment à celle que je vois, ma difficulté reste entière: poser ces questions relativise certes le discours dominant. Mais les alternatives restent lointaines, idéalisées, et à ce titre renforcent l'impact du pragmatisme conservateur. Sommes-nous alors dans une impasse?

Je ne suis pas des plus aisé mais je n'ai aucune rancune à ce niveau là, je crois que cette position victimaire que prend l'institution au nom des "riches" est une mise en condition supplémentaire à l'encontre de la multitude à laquelle on demande de respecter les lois de l'austérité.

Alors comment sortir de ce cycle aliénant ? Comment ne pas se faire accuser de pessimisme quand il s'agit simplement de construire de la lucidité, celle que nous impose le respect de nos enfants ? Le propre de nos sociétés développées est bien de nous proposer de rêver éveillés un rêve qui n'a plus d'avenir.

L'ignorance, c'est moi…

 

Ignorance et déréalisation

07/11/2017 15:06
Ignorance et déréalisation Parmi les signes qui font que je suis chaque jour plus convaincu que le réinvestissement DU politique, à l'encontre de la pratique de LA politique devient une nuance à faire passer de toute urgence, car elle implique qu'une acculturation différente et renouvelée de nos...