Mouvement d'humeur

 ou comment

"Nous disputer à propos de choses que nous ne comprenons ni les uns ni les autres" (Pour paraphraser Steinbeck)

Nous voilà une fois de plus aventurés sur le territoire stérile de la polémique. En ne retenant sans doute de tout cela qu'une chose: nous allons rééditer, une fois encore, le grand rituel des choix par défaut. Comme avant et longtemps, nous entamons une période où nous mène une fois de plus, comme il y a des décades, à faire nos choix par discrimination; jamais par adhésion. D'autant que ces primaires vont probablement rester cette fois plus que jamais, une affaire de sénior. La tristesse est là!, dans ce mouvement de tassement; le débat, qui se construit dans les médias se dramatise, construit autour de l'élimination d'un promeneur de casseroles autant que de choix réels. La tristesse est là dans une moyenne des votants semble t-il de 50 ans et plus… Une moyenne qui fait de la jeunesse l'absente de tout ça, sans qu'on s'en émeuve beaucoup. Aurait-elle tourné le dos à cet aspect-là de la politique, et si tel est le cas, vers quoi? Pire, elle ne semble pas être le sujet, sinon dans ces phrases types qu'il faut avoir prononcé dans une campagne. Est-on sûr que les problèmes du mariage homo, qu'un islamisme médiatique, ce cheval de Troie d'une xénophobie au charme discret et bourgeois, que le peu de souci écologique enfin, soient les choix de ceux qui dès à présent s'apprêtent bon an mal an à hériter d'un pays chargé de tant de handicaps?  Pourquoi s'enflammer pour des nuances de gris sublimées par de mauvais peintres médiatiques alors que nous avons besoin de couleurs? Pas du flashy à la manière de ces vêtements qui brillent dans la nuit, comme les M. nous le suggèrent à la marge; de belles couleurs. Comment rêver à une toile de maître dans ces conditions, si nous-mêmes n'en avons pas la moindre idée, et nous empêcher par là de l'exiger de ceux qui veulent peindre pour nous? Le premier devoir des gens comme nous est -à mon avis- de ne rien engager dans nos engagements de sénior qui ne soient précédés de cette question: quels problèmes à charge allons-nous leurs laisser en nous comportant de cette manière? Posons-nous les bonnes questions, ou nous les laissons-nous poser par d'autres?

Mais il y a autre choses. J'estime comme d'autres que la technicisation du débat tel que nous la voyons actuellement autour de ce qu'on l'on pourrait appeler l'univers paramétrique des affaires courantes nous signale un repliement terrible de la fonction politique vers sa fonction gestionnaire. Il y a longtemps que cela se prépare. Toute notre génération sénior a vécu autour de l'idée qu'au fond la fonction politique ne se définissait que par une juste maîtrise du développement économique, chose dont on a fait l'objet de formation d'une caste devenue effectivement gestionnaire. Rien d'autre. En laissant le terrain aux dérives d'idéologies simplistes qui s'appuyent essentiellement sur la crise que cette insuffisance a provoquée. Nous voyons alors des termes d'"offre" politique faire surface, et la politique gestionnaire légitimer sa consistance par une grande maîtrise du paramétrique. Et les médias de sublimer ces grandes cérémonies QCM, ou le plus fort et finalement le meilleur élève, "gagne" le débat. Quel débat? La question est là justement, au point que j'entendais ce matin sur une chaîne d'info un journaliste déplorer qu'il n'y ait pas eu plus de "petites phrases" pour les animer… Il a raison d'une certaine manière. Où est le désir? Où est ce désir politique, qui nous propose de nous entraîner quelque part, de nous rendre à nous-mêmes plus clairs les nôtres, en matière de finalité du vivre? Les médias qui ont horreur de ce vide, remplissent d'eux-mêmes ces formes en contenu. Mais nous, nous restons dans le vide, cette ère du faute de mieux.

 

Désolé, ce n'est pas de la prétention, si tous mes arbitrages sur ces candidats s'accompagnent de : "faute de mieux". Notre pays je trouve, en vivant "faute de mieux", n'obtiendra en fait que du "faute de mieux"…Mais peut-on vivre faute de mieux?  Nous ne maîtrisons politiquement pas grand-chose de ce qui constitue notre avenir; cette méconnaissance –ignorance du réfléchir politiquement- permet de continuer de se disputer ou sur des choix du siècle dernier, ou des choses que nous ne comprenons pas, ou pas encore. 

 

mouvement d'humeur

25/11/2016 10:14
Mouvement d'humeur  ou comment "Nous disputer à propos de choses que nous ne comprenons ni les uns ni les autres" (Pour paraphraser Steinbeck) Nous voilà une fois de plus aventurés sur le territoire stérile de la polémique. En ne retenant sans doute de tout cela qu'une chose: nous...